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Matériel photographique

« Nous ne léguons pas la Terre à nos enfants,
nous la leur empruntons. » Proverbe africain

Mes premiers pas dans le monde de la photographie remontent à 1982. A l’occasion d’un voyage d’étude aux Antilles, j’achète un appareil 24x36 Minolta d’occasion, équipé de deux objectifs, grâce à un prêt « étudiant ».

Je suis désormais fidèle à la marque Nikon depuis vingt ans. J’utilise des boîtiers D 300 et D 700, équipés de focales allant de 16 à 400 mm (16 mm f2,8 – 60 mm macro f2,8 – 85 mm f2 – 105 mm macro f2,8 – 300 mm f4 - 17x35 mm f2,8 – 24x120 mm f3,5-5,6 – 28x70 mm f2,8 – 80x200 mm f2,8 – 200x400 mm f4 – multiplicateurs 1,4 et 2).

La magie du panoramique

C’est en 2000 que je découvre le format panoramique. C’est une véritable révélation. Mes trois boîtiers moyen-format (24x65 mm) Hasselblad Xpan, équipés de leurs trois objectifs (30 mm f5,6 – 45 mm f4 – 90 mm f4) sont devenus, au fil du temps, mes appareils de prédilection. Au point de réaliser, aujourd’hui, 75% de mes prises de vues avec. Il est vrai que le panoramique est un format particulièrement bien adapté à la photo de nature en général, et de paysages en particulier. Qui permet de tirer la quintessence des panoramas les plus spectaculaires. Par ailleurs, l’excellence des optiques, en terme de « piqué », permet des travaux d’édition dans des formats relativement grands sans perte de qualité à l’impression. Ou bien encore des tirages d’exposition en impression numérique, pouvant aller, sous réserve d’une numérisation de qualité, jusqu’au format 1 x 2,70 m. Malgré la totale satisfaction de mon système panoramique Hasselblad, le futur ne manque pas de m’inquiéter. Officiellement pour des raisons écologiques (économiques ?) la marque a récemment cessé la production de ce matériel. Quid du SAV dans les années à venir ? Autres facteurs d’inquiétude, la disponibilité future de films et la pérennité du seul laboratoire qui réalise encore à La Réunion le fameux traitement E6, cher aux adeptes de la diapositive.

Hormis pour les prises de vues aériennes (facilitées aujourd’hui par l’utilisation d’objectifs stabilisés), j’utilise systématiquement un tripode (parfois un monopode pour les prises de vues animalières). Assurer la stabilité de son équipement photographique est un gage de qualité. On s’affranchit ainsi des risques de « bougé » tout en travaillant à de petites ouvertures de diaphragme, synonymes de grande profondeur de champ (mais, en corollaire, de faibles vitesses d’obturation). Par ailleurs, utiliser un tripode permet de construire soigneusement et patiemment son image. De fignoler son cadrage, en recherchant le meilleur point de vue pour mettre en valeur le sujet, et éliminer tout élément susceptible de nuire à la lecture de l’image.

L’utilisation d’émulsions peu sensibles (Fuji Velvia 50 pour ce qui me concerne), de filtres polarisants ou gris neutre (dégradé pour diminuer le contraste entre les hautes lumières d’un ciel et le sol, ou pour obtenir un effet de filé pour une cascade, par exemple), ou la recherche d’une parfaite horizontalité, sont également des facteurs de nature à rendre l’utilisation d’un tripode obligatoire.

Le passage au numérique

A contre-courant de la tendance actuelle, je suis resté fidèle à l’argentique pour les trois-quarts de mon travail. Ce n’est pas tant un refus du modernisme ou un conservatisme exacerbé que l’absence de matériel de prise de vues panoramiques numériques au catalogues des fabricants qui me font encore préférer le film au capteur. Il m’arrive de « transformer », par recadrage, certaines images numériques 24x36 en images panoramiques (rapport 1 / 2,7), notamment pour des focales supérieures à 90 mm (maximum permis par le système Hasselblad Xpan). Pour autant, je me refuse à adopter cette technique pour les courtes focales (sauf conditions particulières de prises de vue exigeant une vitesse rapide) car je perdrais l’avantage énorme que présente, à focale identique, un appareil panoramique spécifique par rapport au format 24x36 : l’important angle de champ. Pour information, le 28 mm de l’Xpan procure le même angle de champ qu’un 18 mm en 24x36, sans déformation de l’image et perspective exagérée dans les lointains.

La découverte de la technologie numérique en 2008 m’a apporté un confort de travail certain pour ce qui concerne les prises de vues au format classique. Plus d’erreur d’exposition possible, l’utilisation de filtres dégradés gris neutres pour équilibrer la lumière sur l’image réduite. Ce, grâce à la faculté du numérique à gérer les contrastes en restituant efficacement hautes et basses lumières. Quel confort également de pouvoir choisir une vitesse d’obturation élevée sans perte de qualité. Un avantage qui, combiné à la nouvelle génération d’objectifs stabilisés, permet des prises de vues dans des conditions d’éclairages inimaginables en argentique ! Que dire également de la possibilité de choisir la température de couleurs idoine ? De corriger, à posteriori, une erreur de paramétrage du boîtier (en mode Raw). Tout simplement génial ! Mais ces avantages ont une contrepartie (de taille pour ceux qui manifestent comme moi une aversion récurrente à la chose informatique) : la nécessité d’un travail de post-production, long, compliqué et fastidieux. A l’époque de l’argentique, le travail du photographe se limitait à la prise de vue, au tri et à l’archivage des images. Aujourd’hui, à ces trois tâches, il convient également d’ajouter la retouche et la chromie. Un nouveau métier quoi !